La quinzaine entre le 20 février et le 1er mars 2026 a livré son lot de bouleversements pour qui pilote du marketing digital. Trois mouvements en particulier méritent de figurer en top de votre veille, et probablement d'ouvrir un point d'arbitrage en COMEX dans les semaines à venir.

ChatGPT teste la publicité native dans son interface gratuite

OpenAI a commencé à afficher des publicités sponsorisées dans les réponses générées pour les utilisateurs gratuits, sur certains marchés tests. Le format est natif : la publicité s'intègre dans la réponse synthétique, marquée par un libellé discret. Pas de bannière classique, pas de pop-up. Une logique très proche de ce que Google AI Mode pratique depuis quelques mois.

Les premiers retours d'annonceurs parlent d'un CPM autour de 60 dollars avec un engagement minimum à 200 000 dollars pour entrer dans le programme, soit un canal réservé pour l'instant aux marques avec budget national, comme prévu. Le vrai sujet pour les autres acteurs n'est pas tant l'achat média immédiat que la recomposition des règles du jeu : ChatGPT était jusqu'ici un moteur de réponse non-monétisé. Sa monétisation publicitaire change la dynamique des citations, des ressources allouées par OpenAI à l'amélioration des réponses, et probablement à terme la sélection des sources.

Pour les directions marketing : suivre, mais ne pas se précipiter. Le format a besoin de plusieurs trimestres d'apprentissage avant qu'on puisse calibrer un coût d'acquisition fiable.

Google AI Mode dépasse les 75 millions d'utilisateurs

Google a confirmé que sa fonctionnalité AI Mode, l'expérience de recherche assistée par IA, distincte des AI Overviews, a atteint 75 millions d'utilisateurs actifs mensuels. La courbe d'adoption est plus rapide que prévue, en particulier sur les requêtes informationnelles complexes (santé, finance, choix produits).

Une donnée à mettre en perspective avec une autre annonce de la quinzaine : LinkedIn a publiquement reconnu avoir perdu jusqu'à 60 % de son trafic organique B2B non-marque sur Google. La cause invoquée par LinkedIn lui-même : la cannibalisation par AI Overviews et AI Mode, qui répondent désormais directement aux questions B2B sans renvoyer l'utilisateur vers les pages LinkedIn correspondantes.

Pour qui dépend du trafic SEO B2B, cette donnée est lourde. Si une plateforme comme LinkedIn, avec son autorité de domaine et son volume de contenu, perd 60 % de son trafic non-marque, votre site B2B classique est probablement dans une situation similaire ou pire. Le réflexe à avoir : vérifier dans Search Console l'évolution du trafic non-marque sur les six derniers mois, segmenté par type de page (blog, ressources, services). Si la chute est nette, c'est probablement structurel, pas un effet de saisonnalité.

Trois autres mouvements qui méritent un signal

En plus des deux mouvements majeurs, trois éléments à intégrer à votre veille :

Synthèse pour la prochaine revue trimestrielle

Si vous deviez retenir trois actions concrètes de cette quinzaine :

  1. Auditer le trafic SEO non-marque sur les six derniers mois et identifier les pages qui perdent.
  2. Désactiver la voix off IA automatique sur Performance Max si la tonalité n'est pas validée.
  3. Si vous avez des établissements physiques : mettre à jour les photos sur Bing Places.

Le plus dur, en période d'accélération technologique, est de distinguer les mouvements structurels (ce qui change durablement les règles) des mouvements épidermiques (ce qui fait du bruit deux semaines puis disparaît). Sur la quinzaine écoulée, la cannibalisation du SEO B2B par AI Mode est clairement structurelle. Le format publicitaire ChatGPT, on en saura plus dans deux trimestres.